Séquence « Découvrir Google »

Cet article, rédigé par Nicolas Cimolino, a fait l’objet d’une première publication dans la lettre d’information Info’Doc Toulouse, numéro 6, de septembre 2015.

J’ai découvert Padlet en juin 2013 suite à un tweet qui relayait un article décrivant rapidement l’application. Je l’ai pris en main très rapidement car il correspondait à un besoin de ma part et parce qu’il est en plus très intuitif dans sa conception et son utilisation, même en anglais.

L’idée était pour moi de créer un document qui serait projeté à des élèves de 6e et qui servirait de support de discussion lors d’une séance consacrée à la découverte de la société Google et de son moteur de recherche en particulier.

http://padlet.com/ncimolino/ncimolino_google

Dans sa conception, le mur ne se prête pas forcément à une lecture linéaire, comme pourrait le faire un diaporama. Il rassemble des informations sous toutes leurs formes (textes, photos, images, vidéos, sites internet,…) et permet de les disposer comme bon nous semble, à l’image d’un tableau de liège sur lequel on viendrait punaiser des textes ou des images.
Cet outil se prête donc bien à la mise à disposition d’informations sélectionnées et organisées suivant un ordre plus ou moins logique, réparties suivant différentes thématiques, le regard de l’élève pouvant facilement balayer l’ensemble de ces informations.

Mon idée était de donner toutes les cartes aux élèves (les idées développées durant la séance apparaissent sur le mur), de partir d’une photo (les créateurs de Google) et de cheminer à travers les documents mis à dispositions en fonction d’un ordre logique (les cours se préparent !) mais aussi, et surtout, en fonction des rebonds des élèves, de leurs questions ou de leurs affirmations. La disposition des informations sur le mur permet donc de s’adapter aux élèves et de suivre au plus près leurs propres réflexions.

Par contre, la présentation depuis ce mur ne permet pas de générer tel quel un document à donner aux élèves. Cela reste avant tout un support visuel de cours. Je pense, si l’on veut que les élèves gardent une trace de la séance, qu’il faut créer un document de toute pièce, qui reprendra évidemment les éléments présents sur le mur, organisé de façon plus traditionnelle. Il faudra sûrement quelque chose de moins imagé et comprenant plus de texte. Reste à savoir si l’on veut vraiment que les élèves repartent avec un support papier… Une autre possibilité d’utilisation de cet outil serait de permettre aux élèves de créer eux-mêmes, individuellement ou par groupe, des « murs » qui serviront soit de réserve de documents et d’informations sur un sujet, soit directement de document de présentation pour un exposé par exemple…

padlet nicolas

Pour cette séance en particulier, je montre la photo des créateurs de Google pour introduire la naissance de la société, puis de glisser sur le panorama des applications développées/rachetées par Google (interroger les élèves sur celles qu’ils connaissent), présenter quelques photos de la société (Google n’est pas immatériel !) puis parler argent (graphique sur l’évolution du chiffre d’affaire et des bénéfices).

Ensuite, vient une question primordiale : toutes les applications de Google sont le plus souvent gratuites. Comment font-ils pour gagner autant d’argent ? Les élèves trouvent d’eux-mêmes la réponse et sinon, la capture d’écran d’une recherche avec le mot clé « chaussure » sur un navigateur non équipé de plugin anti-pub leur permet de répondre : « la publicité ! »
C’est alors l’occasion de parler de la part et de la répartition de la publicité sur une page de réponse du moteur, du poids de cette publicité et de l’attention que l’on doit porter lorsqu’on clique sur des résultats, puis on évoque les plugins anti-pub. On rebondit ensuite sur Google et la vie privée (photo de la caméra Google), des données collectées et accessibles sur le moteur de recherche (les élèves écrivent leurs noms et découvrent quelques informations les concernant). On finit par l’intérêt des pseudos et des avatars et on évoque les « Google Glass » (même si le projet est plus ou moins abandonné, ça fait rêver les élèves mais ça fait aussi peur à certains quant au respect de la vie privée)

Sur la partie moteur, après avoir regardé la capture d’écran du moteur de recherche en 1998 (Google a très peu évolué esthétiquement), j’utilise le schéma de Claire Cassaigne (http://bit.ly/1jxNMN2) comme base d’explication mais en « imageant » mes explications… On regarde comment est structuré un bloc de réponse sur Google puis l’ordre des sites et la récurrence de certains sur des recherches différentes. On évoque enfin les évolutions du moteur (le Knowledge graph par exemple) et les autres moteurs de recherche en se basant sur le baromètre des moteurs de recherche d’AT-Internet (http://bit.ly/1jxO8Dp). Je finis depuis cette année en évoquant le moteur de recherche français Qwant qui, depuis une refonte complète du site en avril 2015, donne d’excellents résultats qui permettent – quasiment tout le temps – de se passer de Google…

Après deux ans de séances testées sur des groupes différents de 6e, cela donne des séances plus dynamiques, plus vives durant lesquelles les élèves participent plus. C’est un peu plus compliqué à gérer car il faut être prêt à rebondir et s’adapter à leur questions/remarques mais plus enrichissant pour eux (du moins c’est ce qu’il me semble) et pour le professeur documentaliste.

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